Ce roman explore les liens complexes entre Don Rigoberto, sa seconde épouse Doña Lucrecia, et leur fils Fonchito.  Les Carnets de Don Rigoberto de Mario Vargas Llosa est une œuvre complexe qui se concentre sur les relations entre l’homme d’affaires Don Rigoberto, sa seconde épouse Dona Lucrecia et son fils adolescent Fonchito. Le récit est structuré autour des fantaisies érotiques de Don Rigoberto, qu’il consigne dans ses carnets, et qui sont souvent inspirées par sa femme. L’intrigue principale se déroule après que Lucrecia a quitté Don Rigoberto à la suite d’un incident impliquant Fonchito. Le roman alterne entre la « réalité » du retour de Fonchito chez sa belle-mère pour lui demander pardon  et les fantasmes du monde intérieur de Don Rigoberto.

 

venus titien

 

La peinture dans le roman

La peinture est un élément central et structurel du roman. Elle n’est pas un simple décor, mais un miroir des désirs et des conflits intérieurs des personnages.

Les fantasmes de Don Rigoberto sont liés à des œuvres d’art. Il compare le corps de sa femme aux corps de la peinture vénitienne de la Renaissance, comme dans les œuvres du Titien. Ses fantasmes sont une tentative de transcender la réalité en les élevant au niveau de l’art, transformant l’érotisme en une quête esthétique. Le narrateur mentionne également une peinture de Gustav Klimt, Danaë, pour décrire le corps de Lucrecia.

Fonchito, le fils de Don Rigoberto, a une fascination pour le peintre autrichien Egon Schiele. Il se compare à lui et s’intéresse à sa vie et à sa relation avec ses modèles. Cette référence à Schiele, connu pour ses dessins et peintures de corps tordus et de nus provocants, souligne la nature complexe des relations du garçon.

Dans une lettre à son architecte, Don Rigoberto exprime une conviction profonde : les êtres humains sont des « citoyens de seconde zone » dans sa maison, qui doit être conçue en priorité pour ses livres et ses tableaux. Il va jusqu’à brûler les œuvres d’art qui ne le satisfont plus, comme une reproduction de Warhol, car il juge absurde d’infliger à d’autres yeux une œuvre qu’il considère indigne de lui. Cette approche montre la place suprême de l’art dans la vision du monde de Rigoberto.

Oeuvre originale de Mario Vargas  Llosa

Le roman est considéré comme l’une des œuvres les plus originales  de cet écrivain qui mélange la réalité et la fiction de manière magistrale. Le roman est une exploration de l’imagination et de la façon dont elle peut enrichir, déformer et même gouverner la vie. Les carnets de Rigoberto, qui sont des fantasmes, finissent par affecter directement le cours de l’intrigue et de sa vie réelle.

Le livre aborde des thèmes chers à Vargas Llosa, tels que la relation entre l’art et la vie, l’érotisme comme force libératrice, et la dualité entre la décence publique et les désirs cachés. Le roman suggère que la fiction est une « fuite dans l’imaginaire qui corrige la vie ».

Le roman est riche en références littéraires et artistiques, ce qui en fait un dialogue constant avec la culture universelle. L’œuvre fait écho à Montaigne, Hölderlin, et de nombreux peintres et écrivains, ce qui ajoute de la profondeur et des couches d’interprétation à l’histoire.


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