René Char, poète et résistant français, a fait de la bougie du peintre Georges de La Tour un symbole puissant. Cette bougie n’est pas qu’un simple objet ; elle représente la résistance, la poésie et l’espoir, surtout pendant les années sombres de la guerre et de l’Occupation nazie.

La Tour dans la résistance

Dans ses Feuillets d’Hypnos, écrits pendant la Résistance entre 1943 et 1944, Char se sert de cette image pour combattre l’horreur. Il avait une reproduction du tableau Le Prisonnier de Georges de La Tour dans sa cachette. Ce tableau montre une femme éclairant un prisonnier avec une bougie. Pour Char, cette lumière est la parole de la femme qui apporte espoir et courage aux résistants.

Dans un texte de 1966, Char explique que Georges de La Tour ne se laisse pas tromper par l’obscurité. Il voit la cruauté du monde (« la brouette des maudits ») mais il parvient à en extraire quelque chose de lumineux et de pur, comme la flamme de la bougie.

La lumière qui résiste à la mort

Le tableau La veilleuse, Madeleine à la veilleuse (1947) de La Tour est un autre point de référence pour Char. Il y voit une beauté qui survit même face à la mort. Le poète décrit la flamme comme un « poignard » qui perce l’obscurité, transformant la simple contemplation de la lumière en un véritable acte de résistance.

Comme l’écrit Char, le poète est un peu comme un jardinier, un aiguilleur ou un sourcier, toujours en mouvement et à l’opposé des chefs sédentaires de l’armée. Il est un peu comme le feu d’Héraclite, le philosophe grec, qui détruit les illusions mais nourrit l’espoir.

 

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La bougie : un symbole d’espoir indestructible

Pour René Char, la bougie de La Tour est plus qu’une simple métaphore. Elle devient une manière d’être, une ontologie de la résistance lumineuse. Bien que fragile comme l’argile, elle est aussi indestructible que l’esprit humain. C’est le paradoxe de sa poésie : elle « éclaire sans trahir l’énigme ».

Ce motif est une véritable boussole pour ceux qui créent en temps de crise. Comme le disent les Feuillets d’Hypnos, même la plus petite flamme peut défier la nuit la plus profonde. C’est le sens de sa phrase :

« Nous avions une lampe d’argile, Qui ne voulait pas s’éteindre. »

 


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