La vision de Wittgenstein sur l’art et le langage
Pourquoi restons nous silencieux en face d’un tableau, ou en regardant une belle sculpture ?
Pourquoi les mots pour exprimer ce que nous ressentons en admirant une toile d’un grand maître nous échappent-ils ??
Le philosophe Ludwig Wittgenstein s’est interrogé sur les limites du langage et la manière dont l’art, et en particulier la peinture, nous permet d’exprimer ce que les mots ne peuvent dire. Pour lui, le langage façonne notre perception du monde, comme le montre sa célèbre citation :
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« Les limites de mon langage signifient les limites de mon monde. » « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire ». |
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Ces idées soulignent l’importance de la limite des mots dans sa réflexion sur l’art.
Wittgenstein a distingué deux façons de communiquer :
- Dire : C’est ce qui peut être exprimé clairement à travers des phrases. Cela concerne les faits et la logique.
- Montrer : C’est ce qui se révèle sans mots. C’est le domaine de l’éthique, de l’esthétique et des émotions. Ces concepts ne sont pas absurdes ; ils sont simplement au-delà des mots. L’art, par nature, excelle à « montrer » ce qui est ineffable.
Le rôle de l’art
Wittgenstein a par la suite assoupli sa vision initiale pour adopter une approche plus pratique. Il a introduit la notion de « jeux de langage », où le sens d’un mot dépend de son utilisation dans un contexte précis. De la même manière, l’art est considéré comme un « jeu de langage » qui possède ses propres règles, partagées par les artistes et le public.
- Un langage partagé : Les artistes apprennent et transmettent un « vocabulaire » visuel à travers la pratique et l’étude. L’appréciation de l’art n’est pas une expérience solitaire, mais une expérience collective, où nous discutons et partageons nos impressions.
- L’art et la vie : L’expérience esthétique est liée à notre « forme de vie », c’est-à-dire à l’ensemble des pratiques et des perceptions que nous partageons en tant qu’être humain. Voir une tache de peinture comme un visage, par exemple, relève de cette compréhension commune.
L’expérience directe de l’art
Pour Wittgenstein, l’appréciation de l’art n’est pas qu’un exercice intellectuel. C’est une participation active, une immersion dans le « jeu de langage » de l’art. L’art nous aide à « voir le monde correctement » en nous connectant à ses aspects non verbaux.
La peinture, par son caractère non verbal, révèle ce que les mots ne peuvent exprimer, permettant d’atteindre des aspects inaccessibles autrement. Cela reflète la distinction chez Wittgenstein entre « dire » et « montrer ». Dire, c’est exprimer par des propositions ; montrer, c’est révéler sans mots. Cette idée traverse toute sa pensée et est centrale à son point de vue esthétique. Valoriser la peinture comme ce qui montre l’ineffable souligne sa réflexion sur les limites du langage.
En fin de compte, la philosophie de Wittgenstein nous invite à aborder l’art non pas comme un objet à analyser scientifiquement ou psychologiquement, mais comme une expérience sensorielle directe. Le sens de l’art n’est pas quelque chose que l’on explique, mais quelque chose que l’on ressent. C’est une invitation à passer de la théorie abstraite à une expérience vécue.
Admirer la peinture n’est pas seulement un exercice intellectuel, mais un engagement actif – une participation au « jeu de langage » spécifique à l’art. Cela demande de s’immerger dans les pratiques du regard, de la sensation.
| La philosophie de Wittgenstein offre un cadre clair pour comprendre pourquoi l’art échappe à une expression linguistique tout en restant profond et universellement apprécié. Il montre que l’art « au-delà du langage » a un sens, il communique autrement et profondément. |


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